Assurance auto en 2026 : la hausse des primes cache la vraie question à se poser
Chaque rentrée apporte son lot d'avis de renouvellement, et 2026 ne fait pas exception : selon une enquête de comparis.ch menée auprès de 13 grands assureurs suisses, les primes d'assurance auto augmentent pour environ 45 % des automobilistes cette année, avec des hausses dépassant parfois CHF 200 par an en Suisse romande.
Pourquoi ça augmente
Cette hausse n'a rien à voir avec votre conduite. Elle vient de « l'inflation des sinistres » : les voitures modernes embarquent capteurs, caméras et phares LED, coûteux à réparer et à recalibrer après le moindre accrochage, pendant que les dégâts liés aux intempéries se multiplient. La Mobilière indique ne pas toucher aux contrats en cours en 2026 — seulement aux nouveaux contrats et affaires de remplacement —, tandis que Generali, Zurich, TCS et Baloise ont confirmé des ajustements à la hausse.
Le bon moment pour agir
La majorité des contrats arrivent à échéance au 31 décembre : vous avez jusqu'à fin septembre pour comparer sereinement et, le cas échéant, résilier dans les délais.
Dans ce marché en pleine mutation, je recommande actuellement de privilégier les contrats annuels aux formules pluriannuelles : les assureurs multiplient à la fois les hausses tarifaires et les actions ciblées pour attirer la clientèle des véhicules électriques, et un contrat annuel garde la liberté d'en profiter dès qu'une meilleure offre apparaît.
La question que presque personne ne se pose : casco complète ou partielle ?
Le réflexe du moment est de comparer les primes entre assureurs — utile, la prime peut varier de 30 à 50 % pour des prestations identiques selon les assureurs. Mais il y a une décision plus structurante, prise une fois à l'achat du véhicule et presque jamais révisée ensuite : casco complète ou casco partielle ?
La casco complète se justifie tant que la valeur vénale du véhicule dépasse CHF 15'000 à 20'000 : elle couvre alors ce que vous causez vous-même — accrochage, sortie de route, accident seul — en plus du vol, de l'incendie et des dommages naturels déjà couverts par la casco partielle. Passé 5 à 8 ans selon le modèle, sa prime finit souvent par coûter plus cher, sur la durée, que ce qu'elle rembourserait en cas de sinistre total. À ce stade, revenir à la casco partielle seule est presque toujours plus rationnel — et personne ne vous appellera pour vous le suggérer.
Le vrai critère n'est d'ailleurs pas seulement l'âge du véhicule : c'est la nécessité réelle de vous faire rembourser. Assurer en casco complète une seconde voiture qui ne roule que le week-end, alors que vous disposez de l'équivalent de sa valeur sur un compte épargne, coûte souvent plus cher sur la durée que le risque qu'elle est censée couvrir.
Nouveau sur le marché : la casco « dégâts totaux »
Un prestataire propose désormais une casco couvrant uniquement les dégâts totaux — perte totale du véhicule, vol non retrouvé, destruction complète — sans prise en charge des sinistres partiels. C'est un produit intermédiaire, utile dans deux situations bien précises : pour un véhicule en leasing, dont le contrat impose de conserver une casco mais dont on souhaite réduire le coût, ou pour un véhicule plus âgé qui fait peu de kilomètres, que l'on veut protéger contre la perte totale sans payer le prix d'une casco complète classique.
Deux points à vérifier si vous roulez électrique
- La batterie représente souvent 40 à 60 % de la valeur du véhicule : vérifiez qu'elle est bien couverte en casco complète.
- Le câble de recharge peut être couvert soit par la casco partielle (en cas de vol), soit par la RC (en cas de dommage causé à un tiers).
Avant de renouveler par réflexe ou de foncer sur l'offre la moins chère, prenez deux minutes pour situer votre véhicule sur sa courbe de valeur et vérifier ces points. C'est souvent là — et pas uniquement dans la comparaison entre assureurs — que se cache la vraie économie.
Envie d'aller plus loin ?
Chaque situation est différente. Si vous voulez évaluer votre couverture actuelle — casco, RC, ou les deux — avant l'échéance du 31 décembre, prenez rendez-vous, en présentiel ou en visioconférence selon votre préférence.